Le Lysander a été conçu en réponse à un cahier des charges demandant un avion à décollage et atterrissage courts (ADAC) robuste pour les vols de reconnaissance et d’observation à faible altitude. Malheureusement, la spécification, désuète, convenait davantage à la Première Guerre mondiale. L’appareil, bien que techniquement excellent, était trop vulnérable dans une guerre moderne. Après 1940, les Lysander britanniques ont été relégués aux opérations de recherche et de sauvetage et à des missions inhabituelles, par exemple le transport d’espions vers le continent ou leur rapatriement. Les Lysander construits au Canada ont surtout servi au remorquage de cibles dans les écoles de bombardement et de tir au Canada.
Surnommé « Lizzie », le Lysander était une remarquable machine volante qui possédait d’excellentes caractéristiques de vol à basse vitesse. Un Lizzie dérivant vers l’arrière tout en volant lentement dans un vent contraire au-dessus du terrain d’aviation, voilà un spectacle fascinant que l’on pouvait admirer dans les bases d’entraînement canadiennes. Les missions de transport et de rapatriement d’espions étaient particulièrement dangereuses. Des Lizzie totalement noirs, avec des échelles fixées au fuselage et la cabine arrière remplie à craquer d’espions, prirent part à ces missions. Les atterrissages avaient lieu la nuit en France ou en Belgique, en pleine campagne, sur des terrains d’atterrissage improvisés qui étaient éclairés, tout le monde l’espérait, par des membres de la Résistance.
L’exemplaire du Musée est un hybride construit à l’aide des pièces de trois Lysander. Il a été restauré dans le cadre d’un projet du Centenaire par l’Aviation royale du Canada. Son premier vol a eu lieu en 1967, après la fin des travaux de restauration. L’aéronef a été remis au Musée en 1968. Son dernier vol remonte à 1970.