Le SPAD français a connu le succès dès le départ. Les premières versions étaient affligées d’une faible vitesse ascensionnelle, mais un moteur plus puissant et une voilure plus grande ont abouti à une version offrant de meilleures performances, le SPAD VII. Les SPAD ont servi dans les armées de l’air de Belgique, de Grande-Bretagne, d’Italie et de Russie. Ils ont été construits en Angleterre et en Russie. Ils ont également été utilisés par les États-Unis, le Pérou, le Portugal, le Brésil, la Grèce, la Roumanie et le Siam (Thaïlande), ainsi que la Yougoslavie. Au total, on a construit 3 825 SPAD VII et nombre d’entre-eux volaient encore bien après la fin de la Première Guerre mondiale.
La quasi-totalité des as français pilotait un SPAD. Grâce à sa solidité et à ses ailes minces, le SPAD possédait d’excellentes caractéristiques en piqué, ce que les pilotes français utilisèrent à leur avantage avec leur style de combat. Les piètres résultats des pilotes britanniques aux commandes de SPAD VII peuvent peut-être s’expliquer par l’incompatibilité des caractéristiques de vol de l’avion et des tactiques acrobatiques de combat rapproché adoptées par le Royal Flying Corps. Avec 12 victoires, le major A.D. Carter, un canadien, fut le pilote du Royal Flying Corps qui remporta le plus grand nombre de victoires aux commandes d’un SPAD de ce type.
L’exemplaire du Musée a été construit en Angleterre en 1917. On ignore quelle fut son histoire dans ce pays, mais en 1918, il a été expédié aux États-Unis où il a servi. L’appareil a connu un certain nombre de propriétaires et a été reconstruit à quelques reprises. Piloté et exposé au musée de l’U.S. Air Force en 1964-1965, il a été acheté par le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada cette année-là. L’appareil a été si souvent restauré qu’il reste bien peu des pièces de bois d’origine.