L’hélicoptère bimoteur à deux rotors en tandem de recherche et sauvetage (SAR) utilisé par les Forces canadiennes de 1963 à 2004 est une variante du Boeing Vertol CH-46 Sea Knight conçu et construit aux États-Unis. Au début des années 60, l’Aviation royale du Canada (ARC) fait l’acquisition de la version « recherche et sauvetage » de cet appareil qui prend alors le nom de Labrador. Peu de temps après, l’Armée de terre fait l’acquisition d’une version de transport de troupe et de fret du même appareil connue sous le nom de Voyageur. Vers le milieu des années 70, les appareils de l’Armée de terre sont remplacés par des hélicoptères de transport lourd CH-147 Chinook. Toutefois, à la suite de la formation du Commandement aérien en 1975, les Voyageurs sont transférés à la force aérienne où ils se joignent aux Labrador pour les missions de recherche et sauvetage; tous sont alors modifiés selon une norme commune établie pour la recherche et le sauvetage.
Les modifications consistent en l’amélioration des instruments de bord et l’installation d’un radar météo, d’un groupe auxiliaire de bord dans la queue, d’un treuil de sauvetage à enrouleur rapide au-dessus de la porte latérale et de phares de recherche à l’avant de l’appareil. L’appareil, après tous ces changements, s’affirme comme l’un des meilleurs hélicoptères de recherche et sauvetage au monde. À son bord se trouvent une sangle, un filet et un brancard pouvant être fixée au treuil, ainsi que de l’équipement médical d’urgence. Pouvant porter secours à toute personne quel que soit l’environnement où elle se trouve, cet hélicoptère devient le pilier de la recherche et du sauvetage au Canada. Grâce à sa coque étanche, le Labrador peut se poser sur l’eau. Il est également équipé d’un crochet d’élingue, d’une capacité de 5000 kg, monté derrière une trappe de chargement dans le plancher et d’une rampe de chargement arrière très commode. Grâce à deux grands réservoirs montés latéralement, l’hélicoptère a un rayon d’action de 1 100 km.
Un équipage typique de recherche et sauvetage comprend deux pilotes, un mécanicien navigant et deux techniciens de recherche et sauvetage. Le Labrador peut aussi transporter jusqu’à 18 passagers ou 12 brancards. De leur mise en service jusqu’à leur retraite des Forces canadiennes en 2004, les Labrador effectueront plus de 20 000 missions et accumuleront près de 190 000 heures de vol en 40 années de bons et loyaux services et d’innombrables sauvetages, souvent dans des conditions impossibles. L’une des missions les plus mémorables se déroule en 1980 lorsqu’un navire de croisière, le M/V Prinsendam, prend feu au large de l’Alaska. Les Labrador des Forces canadiennes apportent leur appui à la garde côtière des États-Unis lors du sauvetage des passagers qui passera à l’histoire comme le plus grand sauvetage en mer.
Le Labrador numéro 301 est le premier entré en service dans les Forces canadiennes et le dernier mis à la retraite. Il arrive au Musée de l’aviation et de l’espace du Canada en juillet 2004, lorsque l’ensemble de l’illustre flotte des Labrador est retirée du service actif. Sa présence au sein de la collection aéronautique nationale du Canada est un hommage aux hommes et aux femmes du milieu de la recherche et du sauvetage qui risquent leur vie tous les jours pour sauver d’autres êtres humains.